Le 5e pouvoir

Le 5e pouvoir
Décembre 2016

mercredi, avril 05, 2006

De la parfaite adéquation du journalisme à la « société de l'information »

Patrick-Yves Badillo

Patrick-Yves Badillo est professeur en Sciences de l'information et de la communication à l'université de la Méditerranée (Aix-Marseille 2) (...)

Dans le contexte de la "société de l'information et de la connaissance", l'accès à l'information et la communication constitue probablement l'un des enjeux les plus importants de ce début de XXIème siècle. Alors qu'aujourd'hui près de 20 % la population mondiale est illettrée, on estime que le citoyen américain passe en moyenne, en 2004, environ dix heures par jour, et dépense près de 800 dollars par an, pour être informé et profiter des possibilités de l'industrie de l'entertainment. Les statistiques disponibles donnent les chiffres suivants : le consommateur américain moyen passe 9 h 35 par jour en liaison avec les médias selon la décomposition suivante (Source : Advertising Age, 2006 ; les temps incluent des aspects "multi-tâches" comme par exemple regarder la télévision et consulter le Web en même temps) : TV 256 minutes ; radio 160 minutes ; Internet 31 minutes ; journaux 29 minutes ; musique enregistrée 29 minutes ; magazines 20 minutes ; livres 17 minutes ; DVD & VCR préenregistrés 14 minutes ; jeux vidéo 14 minutes ; contenu sur les mobiles 3 minutes ; théâtre 2 minutes.

On peut remarquer que ces statistiques ne distinguent nullement ce qui relève de l'information et ce qui est de l'"infotainment". On peut craindre qu'en réalité l'infotainment ne prenne le pas sur l'information, avec une part très faible des "médias" à fort contenu en information et en "connaissance" comme les journaux, les livres ou les magazines réduits à la portion congrue.

(...)

Plus de technologie, plus de réseaux, plus d'information, plus de connaissance, plus de démocratie : l'équation paraît simple et pertinente. Le journalisme épouserait parfaitement la dynamique favorable de la "société de l'information"... Mais, au-delà de l'euphorie, il faut bel et bien s'interroger sur la déchirure entre les technologies de l'information et de la communication (TIC), les médias et le journalisme.
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